| Réserver en ligne | |
![]() |
| Réservez votre hébergement et vos activités en ligne |
| Une lumière si différente |
|
|
|
On dit de la lumière de Saintonge qu'elle habite le paysage. Elle a donc fait sa demeure ici, sur nos terres. Mais bien plus, elle les habite comme on dit d'un acteur qu'il est habité par son rôle. En Saintonge, la lumière vit avec vous, avec tous les instants.
Sait-on ce qu'est au fond la lumière ? Non celle qu'on mesure, mais la sensation, celle qui vous baigne dans un lieu. Ce qui vous prend l'être tout entier, ce qui révèle mieux que tout la beauté d'un visage proche, l'harmonie d'un lieu, à ce point que soudain, tout comme le visage, il devient unique.
La lumière est ce qui marque la mémoire, c'est elle qui rend unique la rencontre avec un pays. Elle est changeante, comme le temps qu'il fait, impalpable, évanescente. Et chaque territoire possède sa qualité de lumière : peut-on comprendre la Bretagne ou l'Irlande celtiques, sans éprouver les fulgurants changements de lumière sur les découpes de la mer ? Comment vous dire la lumière de Saintonge, celle qu'ont traquée de grands peintres comme Courbet ou Corot ? Voici deux moments de lumière. Le champ de blé
Vous êtes partis depuis le matin, à pied sans doute – peut-on toucher des doigts le charme d'un pays de l'intérieur d'une automobile ? – c'est bientôt midi, vous venez de vous asseoir au bord du chemin, heureux de la promenade. Vous prenez l'air, vous voyez ce champ qu'on a moissonné il y a peu, rien que la terre rase maintenant, et ces grands rouleaux de paille qui marquent la pente de la terre.
Et soudain, parce que le corps se détend peut-être ou que le regard s'aiguise, c'est la présence du ciel, tellement plein de chaleur qu'il semble sombre, puis tout ce que vous avez sous les yeux, comme si tout le paysage se révélait autrement, ces lignes de culture blondes, dorées, quelque part entre la chevelure et la richesse. Sous la lumière, la couleur donne à la terre son histoire, le regard tresse des rêves, il porte plus loin que ce champ de blé. La lumière d'ici n'est pas violente, elle change peu, avec lenteur, mais elle surgit de toutes les facettes du paysage, elle le nourrit. Elle fait plénitude. La Charente
C'est l'après-midi, voulez-vous, et c'est un autre jour de l'été au bord de la Charente. Le chemin suit la courbe de l'eau. Ce que vous voyez sur l'autre rive, c'est un peu comme un tableau, pensez-vous, ce grand rideau de peupliers qui mène le regard jusqu'au bout du paysage, et cette matière d'eau qui vibre à vos pieds, sous le vent...
Et comme dans un tableau, vous êtes étonnés des détails de la scène qui montent aux yeux, les filets de la couleur de l'eau, la profusion de branches et de feuilles des saules qui lèchent l'eau. Vous vous dites que somme toute cette vue est banale, ces objets ordinaires, et pourtant cela vous arrête, fait présence. Est-ce qu'un peintre aurait accentué telle ombre, ou tel vert, aurait-il gardé cette palette subtile des couleurs, ni fade, ni intense ? Le relief de l'après-midi creuse à peine sa profondeur. La lumière ici, on le la déchiffre pas, elle nous irrigue. |