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| L'eau des moulins |
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Page 1 de 2 En haut de la vallée, on captait l'énergie du vent. Dans le creux, la rivière apportait de l'eau aux moulins, pour la "mouture du blé" ou pour d'autres tâches. Tour de découverte des moulins au fil de l'eau. Des berges aménagées depuis longtempsLa Boutonne, l'ancienne Vultona des gallo-romains, a été aménagée depuis longtemps. Il y avait des moulins au Moyen Age, et peut-être avant. Les divers bras, le relief en pente douce ont favorisé le développement de ce qu'on appelait naguère les "usines".
De la source de la Boutonne à St-Jean d'Angély, on dénombre 86 moulins pour environ 60 km de cours de rivière, et ceci sur une pente si faible qu'il a fallu des trésors d'ingéniosité pour réaliser des canaux d'amener et profiter au mieux de l'énergie de l'eau. Et les petits affluents de la Boutonne, comme la Nie ou la Brédoire étaient eux-mêmes truffés de moulins. Sur l'ensemble du bassin versant de la Boutonne, cela faisait 200 moulins environ.
Pour quoi avait-on autant besoin de moulins ? L'eau des rivières était une source d'énergie gratuite, et à l'apogée de la civilisation rurale à la fin du XIXe siècle, le Français consommait en moyenne 600 grammes de pain par jour, contre seulement 130 grammes en l'an 2000. Il fallait donc des ressources en meunerie. Suivre les moulinsIl reste de cette période un ensemble remarquable de moulins, dont certains ont été magnifiquement restaurés. Quelques-uns sont encore en état de fonctionnement. Suivre les moulins – en une sorte de jeu de piste, car certains sont bien cachés – c'est découvrir une architecture rurale le plus souvent préservée, revivre le fonctionnement spectaculaire du moulin, et retrouver la mémoire de lieux calmes, où porte l'imaginaire.
Depuis le moulin de la Petite Ville des Eaux, à la limite de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres, descendez vers le sud. Sur la carte, la trouée verte de la vallée de la Boutonne recèle des petits chemins, qui mènent aux anciens moulins. Beaucoup de ces propriétés sont privées, respectez les lieux et les passages. Mais cette promenade vous révèlera des endroits magiques, à la beauté secrète et simple.
Les noms des lieux attestent de la variété des moulins : le Moulin à Drap, à St-Pardoult, servait autrefois au broyage des fibres de lin, dont les tisserands des hameaux faisaient ensuite des draps. Il y avait des moulins à papier, et même à St-Jean d'Angély, le Moulin à Poudre : on y écrasait le charbon de bois en poudre, pour les besoins du "Ministère de la Guerre". En 1818, après bien d'autres, une forte explosion secoua la ville et fit de nombreuses victimes : on arrêta de fabriquer la poudre au moulin. |