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| Charente, le plus beau fleuve du royaume |
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Page 1 de 2 La Charente borde le sud des Vals de Saintonge et fait une incursion dans le territoire. Depuis plus de 2500 ans, la Charente est une voie navigable, aujourd'hui essentiellement pour la plaisance et le plaisir des touristes. Le plus beau fleuveC'est une phrase bien connue : "La Charente est le plus beau fleuve de mon royaume". Mais peut-être que le roi aurait dit en fait : "C'est le plus beau ruisseau du royaume", voire, selon certains "le plus beau fossé"... Et qui a proféré cette douce sentence ? François Ier, natif de Cognac, ou bien Henri IV ? Faites vos jeux...
Mais ce qui compte somme toute, c'est que la Charente est belle, et visiblement plus fleuve que ruisseau. Mis à part dans sa terre de naissance, aux confins du Limousin, où sa pente est réelle, ce fleuve est doux, dans ses paysages comme dans son cours, il flâne, fait des méandres. Pour autant, ces paysages tranquilles se sont transformés au cours des siècles. A l'époque gallo-romaine encore, l'embouchure de la Charente était proche de St-Savinien, et la côte, aux contours plus tourmentés qu'aujourd'hui, était parsemée d'îles maintenant en pleine terre.
C'est de la rivière elle-même qu'on découvre le mieux les paysages de rivière, et la Charente se prête merveilleusement à ce parcours langoureux. Prenez un peu de risque, louez vous-même votre bateau, et vous irez des Vals de Saintonge en Saintonge Romane, ou l'inverse, à votre gré, au pas de l'eau, en revivant les sensations des transporteurs de sel, de vin ou de cognac d'autrefois, qui descendaient le fleuve sur leurs gabares, ces bateaux larges et plats qui faisaient huit à dix voyages par an, de l'Angoumois à Rochefort.
Marchez aussi, le long des berges, vers Agonnay par exemple, le long de la Prée de Charente. Vous passez des maisons aux terres inondables, chemins bordés de frênes, de saules. A l'entrée d'un pré, une cigogne qui fait son envol, vous avancez, l'air est presque mouillé, les rouches et les hautes herbes bordent les rives, vous touchez la vie du fleuve, sa respiration qui vient de la mer, le courant qui s'inverse. Deux hommes sont là, affairés au carrelet, ils font ce mouvement de descente et de montée, avec patience, pour le gain du poisson, pour la lumière aussi, et le vent, à travers le filet.
Buvez cette ambiance, sentez-la qui vous emplit le corps, il y a des oiseaux qui tournoient, qui passent sous les ponts. Vous revenez vers les villages, de la face sauvage de l'eau à sa face urbaine. |