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| Peupliers de la Boutonne |
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Page 1 de 3 La Boutonne est une étrange rivière un peu secrète, sa vallée pourtant fait une vaste échancrure verte dans le territoire des Vals de Saintonge. Echancrure mais non blessure, les reliefs ici sont doux : du versant le plus haut, si vous descendez de La Chapelle-Bâton vers St-Pardoult, vous embrassez de toute la largeur du regard comme un immense chemin d'arbres qui va du Nord au Sud. On ne voit de la rivière que les peupliers qui font son voisinage. La Boutonne et sa valléeLa Boutonne est une rivière modeste, un peu plus de 90 km de longueur, de sa source à Chef-Boutonne (comme de juste) en Deux-Sèvres à son confluent avec la Charente, en limite ouest des Vals de Saintonge. Mais si l'on compte tous ses bras, on triple sa longueur, trois rivières pour une, c'est un de ses charmes. A quoi il faudrait ajouter quelques centaines de kilomètres de petits affluents, qui maillent de manière serrée tout le bassin versant.
La Boutonne est aménagée depuis plus d'un millénaire, par des moulins tout au long de son cours. Familière des hommes, elle cultive pourtant l'invisible, on ne l'aborde vraiment que par des sentiers fugaces, ou alors ponctuellement, au franchissement des ponts des villages. Ou bien encore, en s'enfonçant dans les passes des peupleraies, au risque de se perdre. Risque qu'il faut prendre parfois, si vous souhaitez vous immerger dans ces espaces préservés où si près des villages, on est déjà au bout du monde. Rassurez-vous quand même, on ne se perd ici pas très longtemps. Les peupliers des hommesLe peuplier pousse particulièrement vite près de l'eau et dans les zones humides : c'est au cours du XIXe siècle, comme dans le Marais Poitevin voisin, qu'on a planté des peupliers pour leur culture dans les parages de la Boutonne. Les zones basses, inondables, s'accomodaient très bien de ces arbres.
Le peuplier Blanc du Poitou peut atteindre de 20 à 30 m de hauteur, il fait un bois rigide mais léger. Il a donc servi très vite pour les voliges des maisons de Saintonge, comme support des tuiles. Puis, dans les années 1930, on en a fait des cageots, puis bientôt du bois déroulé, et ce fut le début de la vallée du bois, où des industries du contreplaqué se développèrent.
Aujourd'hui, la vallée reste un espace à découvrir, car le dialogue des bras multiples – parfois insoupçonnés – de la rivière, et de la géométrie de ces arbres élégants est un ravissement pour les yeux en toute saison. Monet, Pissaro, Sisley..., bien des peintres ont été fascinés par les peupliers. Marcher près de Vervant ou de Nuaillé sur Boutonne par exemple, lors de la saison des premières feuilles ou dans la symphonie des couleurs d'automne, est une extraordinaire expérience de lumière, de transparence et de musique. |