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| Marais de l'ouest |
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A l'ouest des Vals de Saintonge, c'est déjà l'air de la mer. Petit tour dans les zones humides, au pays des oiseaux et des roseaux. La mer, qui s'est retiréeLe long de toute la côte charentaise, autrefois, la mer faisait des incursions bien plus profondes qu'aujourd'hui. De l'ancien golfe des Pictons au nord, où se tient maintenant le marais poitevin, jusqu'à l'embouchure de la Gironde, une partie des terres aujourd'hui "fermes" étaient immergées, une autre partie émergeait sous forme de nombreuses îles.
La mer s'est lentement éloignée, mais les marais sont nés de la patience des hommes qui ont quadrillé le sol d'étiers, qui ont fait cette terre peu à peu exploitable. Dialogue entre un sol fragile et l'eau, ce qu'on nomme une zone humide recèle des richesses insoupçonnées. Ici l'altitude ne dépasse pas deux à trois mètres, tout pourrait être désespérément plat. Parcourir le marais pourtant, c'est une suite de découvertes de fleurs, d'arbres, d'oiseaux, de lumières et de perspectives renouvelées.
La plus grande zone de marais est celle de Genouillé, mais le long de la Charente et aussi de la Boutonne en aval de Tonnay-Boutonne, de grands espaces de marais s'offrent à vous, sauf l'hiver par temps de "grosses eaux" quand les rivières débordent.
Elles s'en vont vers ce rideau de roseaux, ces anciennes barrières de bois à l'entrée des prairies, ou ces courbes plus loin, à peine plus hautes que le plat de la terre et où s'égrènent quelques maisons.
Vous y verrez l'herbe grasse du printemps ou les prés dorés de l'été, les fleurs souvent, aux rives des étiers, et des oiseaux à peine farouches, des cygnes, des canards, des hérons cendrés, et les cigognes dont les claquements de bec parfois rythme l'espace comme une danse.
Prenez le temps de la pause, pour admirer leurs envols, pour capter les jeux de lumière, celui de la rosée du matin, celui de l'après-midi quand les lointains se nimbent de brume et qu'on les voit soudain, plus présents. Comme l'horizon, les grandes courbes des oiseaux dans le ciel font une limite au marais, on se dit qu'on est là au creux d'une mémoire sauvage, bien à l'abri, on se dit que ce qui semble si naturel est le fruit pourtant du travail des hommes, d'un aménagement mesuré, presque modeste.
Ecartez-vous alors, rejoignez un hameau, voyez en quelques mètres comme tout change dans le paysage, vous dominez le marais, vous êtes maintenant dans le pays des hommes, vous avez quitté la terre-mère, celle qui infuse entre l'eau et le rêve. |