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Page 1 de 2 Le charme de la campagne agit si profondément parfois qu'il fait changer la vie. Parmi ceux qui prennent appui sur le terroir pour créer des produits rares, beaucoup sont venus d'ailleurs prendre racine en Saintonge.
Finesse et création"Je voulais aller de la terre au produit" ou bien "J'avais envie de travailler ici, mais dans des produits naturels". Quand on s'entretient avec les créateurs du terroir, ce genre de propos revient souvent. Ils ont aimé ce pays, en ont découvert la complexité, la richesse. A cause peut-être du pineau, du cognac, de cette tradition de saveurs que porte la campagne de Charente, ils ont voulu développer la finesse et la qualité, l'innovation alimentaire, dans une entreprise à taille humaine. Bien souvent, ils peuvent vous accueillir sur leur lieu de travail, sur rendez-vous. Une vinaigrerie, une moutarderie, le laboratoire où l'on fabrique des confitures... ne sont pas des attractions touristiques tout à fait comme les autres. Ici, vous sentirez l'alliance de la modernité, du savoir-faire, du charme de la campagne et de la densité de l'accueil. Petit parcours chez deux créateurs de saveurs parmi d'autres, en Vals de Saintonge. La douceur du vinaigre"Ce qui m'intéressait, c'était l'expérience mariée avec la créativité. Il y a une part de mystère dans le vinaigre." Nous sommes à la table de cuisine, l'homme appuie son propos de gestes, la voix est douce mais portée par une passion qui vient de loin. Il est arrivé de Paris, il y a plus de dix ans, dans cette campagne qu'il aime. "Ici, on peut travailler avec le temps, sur la lenteur. Je suis entré peu à peu dans mon produit, il est comme une part de moi-même." Il dit qu'il a beaucoup lu au début, jusqu'à des thèses scientifiques, beaucoup noté, beaucoup observé. Apprendre les produits de base, la chimie, l'alchimie presque, comprendre les effets du vieillissement sur les arômes, prendre le temps de la réflexion, de goûter, de tester encore... Elaborer le vinaigreD'abord, il y a le vin, rouge ou blanc, qu'il choisit localement. Les fûts de chêne où la mère du vinaigre se développe. "Elle doit toujours rester un voile, à cause de l'oxygène". Il y a la chaleur, la transformation alcoolique qu'il faut surveiller, les analyses... Nous sommes sortis dans la cour, l'arbre à peine en feuilles et les fleurs du printemps. Il nous emmène dans la vinaigrerie, vieilles pierres, odeurs mêlées des bois, des vins et de ce qui devient acide à peine et doux à la fois. Les fûts bien rangés, avec un nom marqué à la craie pour chacun. C'est à la fin qu'on travaille sur les arômes. "Je n'utilise pas d'extraits, mais toujours des saveurs d'origine." Macérations de framboises par exemple, ou de fleurs de sureau. Et des plantes aromatiques qu'on ajoute, des épices, de la figue, de la badiane, du thym, du gingembre... Comment se font les mélanges ? "C'est l'expérience, l'intuition, un peu comme dans la parfumerie." Puis, avec un grand sourire : "Travailler pour la cuisine, c'est travailler dans la finesse." Le vinaigre et la cuisineCar toujours bien sûr, il doit y avoir un intérêt culinaire. Le vinaigre doit charmer, il se déguste. "Je fais tester mes vinaigres, par mes voisins et par de grands cusiniers." Car ici, on travaille aussi bien pour "la petite voisine de quatre-vingts ans" que pour des restaurants qui ont trois étoiles au Michelin. Pour tous ceux qui ont envie d'un produit sain. | 
Le vinaigre dans la lumière, à St-Martin de Juillers | 
Macération de fleurs de sureau, à St-Martin de Juillers |
Il parle encore longtemps, de cet art de la macération qui le passionne, de la cannelle, de l'estragon, de la girofle, du poivre noir... de la complexité du vinaigre, de la subtilité du travail, de tous ces parfums qui s'exhalent.
L'alignée des fûts où le vinaigre prend corps, St-Martin de Juillers |
Nous restons là, heureux de cet homme qui raconte son savoir-faire et sa vie tout ensemble, ces cidres artisanaux en fermentation naturelle qu'il lui a fallu trouver, "et faits avec des vieilles variétés de pommes à cidre." Et ce vinaigre de Pineau des Charentes, qu'il a mis deux ans à mettre au point. "Le travail, l'harmonie et la vie", dit-il en riant. Il y a du soleil dans la rue du village.
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