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Charcuterie : grillon et farci Imprimer Email
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Charcuterie : grillon et farci
Le farci

Le grillon charentais n'est pas un insecte, c'est un bienfait du cochon, et le farci n'est pas une farce, c'est du cochon largement mis au vert.

 

"Dans le cochon, tout est bon", dit-on. Bon, bon, mais tout est dans l'art et la manière d'accommoder, de marier, d'assembler. La cuisine est une alchimie. D'autant que la cuisson joue ici un rôle primordial. Depuis qu'à la fin du XVe siècle, les "chairs cutiers" – ceux qui font cuire les chairs – se sont émancipés des bouchers, ils ont affiné leur tradition, ils ont créé des fleurons culinaires. En voici deux, absolument à découvrir durant votre séjour en Vals de Saintonge. Il faut aller voir, bien sûr, le "chair cutier" du village.

 

Le grillon charentais

Nous sommes au XVIe siècle, et le moine Rabelais, qui est aussi un homme gourmet et gourmand, parcourt la région. Plus tard, l'auteur génial de Pantagruel et de Gargantua, décrit le rillé comme étant une gourmandise à base de cochon, faite de dés de viande rissolés et confits dans leur graisse de cuisson.

 

Derrière rillé, on voit poindre rillettes, mais ne confondons point, s'il vous plaît ! Le mot rillé a donné rillon au XVIIe siècle, puis grillon, peut-être parce que dans notre grillon, il y a vraiment de la matière à grignoter, à éprouver sous la dent. Le grillon n'est pas amorphe, il combine de vraies textures et ses qualités gustatives sont donc très grandes.

 

De plus, le grillon est un produit sain. On utilise des morceaux maigres du cochon, parures de gorge ou poitrine, qui sont cuits avec le gras, à feu doux, très longtemps (cinq heures au minimum, mais souvent plus). Tout cela est assaisonné au sel marin. A la fin de la cuisson, l'excès de graisse est enlevé. Puis, tout repose.

Vous pouvez servir le grillon seul, en entrée, voire à l'apéritif arrosé de pineau. Dans le pays charentais, on le sert aussi en accompagnement avec les huîtres.

Le grillon charentais, chez le charcutier du village

Le grillon, à l'étal, Tonnay-Boutonne

 

Si vous êtes vraiment chanceux lors de votre séjour – mais il vous faut venir en dehors de la saison d'été –, vous pourrez assister à la cuisine de cochon, avec la complicité de quelque famille paysanne. Outre les boudins, les saucisses, comme partout ou presque, vous pourrez à nouveau faire l'éloge de la lenteur charentaise : plus d'une journée parfois pour que le grillon soit à point. Alors, faites-vous offrir, par la maîtresse de maison, dans un bocal ou une terrine, la bonne chair cuite que Rabelais célébrait déjà il y a cinq siècles.



 
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