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Compostelle, un chemin pour l'Europe Imprimer Email
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Compostelle, un chemin pour l'Europe
Le Grand Chemin, aujourd'hui

Il est des légendes qui deviennent avec le temps plus vraies que l'histoire. Et des itinéraires qui deviennent mythiques au fil des siècles. Le chemin de St-Jacques de Compostelle est de ceux-là.

Chemin de pèlerinage, mais aussi de randonnée et de découverte du territoire, la voie de Tours qui mène en Galice traverse de part en part les Vals de Saintonge, égrenant sur son passage deux sites inscrits au Patrimoine Mondial de l'humanité par l'UNESCO. Plantons le décor, c'est celui de l'Europe.

 

"Il y a quatre routes..."

"Quatuor vie sunt que ad Sanctum Jacobum tendentes..." Il y a quatre routes qui, menant à St-Jacques...

Cette phrase écrite au XIIe siècle par un certain Aymery Picaud, dit-on, moine de Parthenay peut-être... est l'acte fondateur des chemins de Compostelle. On est au début du Livre V du Livre de Saint Jacques, qu'on nomme aussi Codex Calixtinus, du nom du pape qui a collecté ces écrits.

 

Ce livre et ce "guide du pèlerin" est voulu par l'évêque de Compostelle de l'époque, qui cherche bien naturellement à, dirions-nous aujourd'hui, valoriser sa destination touristique. Dès lors, et au cours des siècles, les faits réels, mais aussi les "effets de bord de la communication" (on n'a rien inventé), mais encore les rêves des hommes, leurs pratiques... ont développé un extraordinaire imaginaire autour de cette fin des terres de l'Europe, là-bas en Galice, de ce lieu où l'apôtre Jacques aurait été enterré.

 

Comme on s'est disputé les reliques du saint (beaucoup de lieux les ont revendiquées), on s'est disputé les chemins. Si tout atteste qu'il y a bien eu des pélerins qui depuis le Moyen Age vont à St-Jacques, les historiens d'aujourd'hui sont plus circonspects quant à leur nombre, et quant à l'immuabilité des fameuses quatre routes.

Le premier itinéraire culturel de l'Europe

Au début du XIXe siècle, il n'y a quasiment plus de pèlerins à Compostelle. Mais vient le temps où les intellectuels redécouvrent le Moyen Age, puis cet extraordinaire patrimoine roman qui jalonne les villes et villages de l'Europe occidentale. L'Eglise valide en 1884 la présence des restes de l'apôtre. On publie en français, en 1938, le Guide du pèlerin. Les initiatives se développent en Espagne et en France.

Compostelle, logo du Conseil de l'Europe

Le logo de l'itinéraire
culturel européen

 

une borne à la coquille, sur le chemin

Au coeur de l'Europe,
près de Fenioux

 

Et le pèlerinage repart : 60 000 jeunes en 1948. C'est le fait des chrétiens d'abord. Mais en 1978, deux journalistes publient Priez pour nous à Compostelle et sensibilisent l'intelligentsia française. Le mouvement ne s'arrêtera plus. Au printemps 1982, l'Assemblée du Conseil de l'Europe réfléchit sur les chemins de St-Jacques. A l'automne, Jean-Paul II, pèlerin à Compostelle, lance : "Europe, souviens-toi de tes racines..." En 1987, on proclame solennellement les Chemins de St-Jacques, premier itinéraire culturel européen. Et depuis, les associations jacquaires se multiplient, le nombre de pèlerins augmente, et leurs motivations se diversifient. Accompagnées par les grands médias, les foules désormais se pressent et marchent...



 
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