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| Les lavoirs |
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There are no translations available. Comme les puits, les lavoirs ont rapport à l'eau. D'un côté, celle qui désaltère, de l'autre, celle qui nettoie. Le lavoir, autrefois lieu d'animation lors des "cérémonies" de la lessive, devenu témoignage des temps anciens, reste une architecture type de la civilisation rurale.
L'inventaire du patrimoine des Vals de Saintonge a permis de recenser une centaine de lavoirs encore présents sur le territoire. C'est dire si les activités des lavandières étaient intenses autrefois ! Laver et rincer le linge nécessitait de l'eau courante, et nombre de lavoirs sont alimentés par des sources puissantes, qui font aussi office de fontaines, comme on le voit à Brie sous Matha ou à la fontaine de Barbara, à St-Savinien.
En Vals de Saintonge, les lavoirs datent pour la plupart des XVIIIe et XIXe siècles. L'architecture du lavoir est simple, parfois c'est juste un bassin à ciel ouvert, mais le plus souvent c'est un bâtiment à part entière, ouvert évidemment sur l'eau et dont on peut admirer la charpente. Parfois, au mur, des niches pour ranger les battoirs et les brosses. Le bassin d'eau est le plus souvent rectangulaire. Le fond peut être pavé, mais ce sont ses rives, en pierres taillées, ou plus tard maçonnées, qui doivent permettre aux lavandières, agenouillées de longues heures au bord de l'eau, de taper et retaper "facilement" le linge mouillé, lourd.
On a conservé ces lavoirs, qui ne servent plus depuis longtemps, peut-être parce que la mémoire collective a été marquée durablement par ces sortes de rituels qu'étaient les lessives – qu'on nommait "bughée" en saintongeais. Une ou deux fois par an, les femmes de la famille apportent le linge accumulé. Elles le placent, couche par couche, avec des cendres, dans une grande vasque de terre cuite – la "ponne". A côté, on fait bouillir une quantité d'eau, qu'on verse régulièrement dans la ponne et qui coule à travers le linge. Cette coulée de la lessive dure tout le jour.
C'est le lendemain seulement que les femmes se rendent au lavoir, le linge sur la brouette. C'est là qu'elles savonnent et rincent, qu'elles battent le linge, en échangeant les nouvelles du village. Puis le linge sèche sur les palisses, avant d'être empilé soigneusement dans les armoires. |