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En Saintonge, l'art roman...
Un art renouvelé
Saintonge et Poitou

Les Vals de Saintonge d'aujourd'hui relèvent largement de l'ancienne Saintonge, mais aussi pour une part du Poitou. A la charnière de ces deux provinces, l'art roman s'est écrit en deux vagues successives. A son apogée, il rayonne sur un vaste territoire de l'Ouest aquitain.

 

"Nulle part en France, l'art roman n'a plus de séduction..." écrivait à propos de la Saintonge le grand historien de l'art Emile Mâle. Est-ce parce qu'ici la lumière dialogue intensément avec la pierre blonde ? Est-ce l'équilibre et la tension à la fois entre les formes de l'architecture et la profusion des sculptures ? Est-ce l'immense livre de pierre, ces milliers de sculptures que le regard n'épuise jamais ? Certainement tout cela, et plus encore l'indicible qui fait cet art proche de vous.

 

Un premier essor

Chapiteau de la croisée du transept, St-Eutrope de Saintes

Daniel dans la fosse aux lions
Chapiteau de la croisée du transept
église St-Eutrope, XIe siècle, Saintes

Visage d'homme, modillon, église de Annepont

Visage d'homme
Modillon du chevet
église St-André, XIIe siècle, Annepont

 

Les experts de l'art roman cherchent – avec difficulté parfois – à établir les bonnes filiations, déceler les influences de style... Vers le milieu du XIe siècle, quelques grands édifices du Poitou – St-Hilaire de Poitiers, St-Savin – présentent des motifs de sculpture inspirés des décors romains, mais dont la plastique s'est déjà bien affirmée.

 

En 1081, l'ancienne église de St-Eutrope de Saintes est donnée à l'abbaye de Cluny. Les bénédictins recontruisent le site, d'abord par une église basse (la crypte actuelle) dont les décors des chapiteaux sont inspirés du Poitou. Mais visiblement, ce sont des sculpteurs virtuoses qui sont à l'oeuvre.

C'est sans doute une autre équipe de sculpteurs qui prend le relais pour la partie haute de l'église. A la croisée du transept, les chapiteaux qui nous restent déclinent, au sein de motifs d'entrelacs toujours présents, des figures de la vie chrétienne, comme Daniel dans la fosse aux lions. Et cette sculpture, inspirée sans doute des manuscrits, offre un modelé, un souci du détail (dans les drapés des vêtements par exemple), une présence qui la rendent tout à fait neuve, dans les thèmes traités comme dans le style. Dès lors, St-Eutrope devient une référence, et son influence est visible dans nombre d'églises des Vals de Saintonge, comme à Annepont.

 

Homme au lion, chapiteau de la nef, église de Macqueville

Homme portant un quadrupède qui le mange, chapiteau de la nef
XIe ou XIIe siècle, église St-Etienne, Macqueville

 

Dans certains cas comme à Macqueville, les influences sont plus mélangées. Ici, certains chapiteaux de la nef aux motifs végétaux très puissants, sont inspirés de St-Eutrope. D'autres, comme cet homme portant un animal, porte l'empreinte de l'Angoumois voisin. On le voit, la sculpture n'est pas la même.

 

Au début du XIIe siècle, l'art roman saintongeais offre donc une sculpture variée. St-Eutrope, dont il ne reste aujourd'hui de la période romane qu'une partie, en est le foyer de rayonnement principal : grâce à l'appartenance à Cluny, le site devient une étape importante sur le chemin de St-Jacques.



 
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