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| A travers bois et villages |
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Entre St-Jean d'Angély et Loulay, les bois alternent avec les vastes champs de céréales, d'où émerge l'architecture des villages. Parcours dans les perspectives.
Le bourg de Loulay ondule dans le calme de la campagne, les maisons encore souvent traditionnelles ont fait au cours des ans un filet serré de rues. La lumière au matin les inonde, les révèle. Les bleus, les gris des fenêtres font une palette douce. Vous allez vers le sud, vous montez. Venez ici pendant la saison des tournesols, ou, plus tôt, des colzas, quand les uns et les autres sont en fleur. Marcher alors dans les parages des plantes, c'est s'enivrer de cette couleur jaune qui imbibe alors la terre, qui la rend plus chaleureuse.
Vous montez encore, vous longez le nord du bois des Essouverts, autrefois grand massif forestier où le roi Pépin d'Aquitaine venait chasser, depuis son palais d'Angéri. A l'approche de l'an mil, Guillaume Fier à Bras, le duc d'Aquitaine, le cède aux moines de l'abbaye de St-Jean.
Ce massif couronnait un des points hauts des Vals de Saintonge, qui domine la vallée de la Boutonne d'une élévation bien à part. D'où vous êtes, une large perspective part de ces bois et couvre les champs ouverts jusqu'au lointain horizon, vers là-bas, la plaine de Niort.
Vers Lozay
Du vallon, montez jusqu'à elle, au coeur du village, par le raidillon qui longe l'enclos. Le jardinier qui s'occupe à l'arrosage vous salue, bien veillant. Le clocher, fortifié durant la guerre de Cent Ans, fait comme l'autorité dans le ciel. En haut, redescendez vers la façade et ses sculptures, en bas des marches, le frais de la nef vous attend pour le repos.
Après seulement, allez dans le village de la place aux petites rues, voir ces maisons simples de Saintonge, qui pourtant tressent une âme ensemble, du hangar à la façade, des pierres jointives des murs aux tilleuls de la place.
Vous allez revenir vers Loulay, passer d'un village à l'autre dans ces paysages de perspectives ouvertes à la lumière. Vous vous souvenez déjà, de cette face d'ombre de la terre sous les arbres des Essouverts, et de ce village riant au soleil, vous vous dites que vous aviez sous vos pas, aujourd'hui, les deux versants du monde. |