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Page 1 de 2 On vient du monde entier voir l'église romane d'Aulnay. Elle le mérite, mais pour mieux appréhender ce lieu, mieux le comprendre, un petit parcours s'impose.
De la motte féodale à l'égliseVous partez de la place de l'hôtel de ville, là où les vicomtes d'Aulnay firent bâtir au XIe siècle sans doute leur château, sur un tertre dominant la petite rivière de Brédoire. Etrange occupation de l'espace que celle d'Aulnay, on est là à près d'un kilomètre de l'ancien vicus gallo-romain d'Aunedonnacum et à quelques centaines de mètres de l'église du XIIe siècle et du Grand Chemin de St-Jacques. Comme si pour chaque époque, il avait fallu disséminer le peuplement, occuper plus d'espace.  Le donjon de l'ancien château et l'hôtel de ville, Aulnay de Saintonge |
Admirez d'abord le donjon, cette tour de l'ancien château, plus de 22 mètres encore de hauteur et des murs de plus de 3 mètres d'épaisseur. Elle date du XIIe siècle et donne une idée de ce que devait être l'ensemble de la construction, qui dès la fin du XVIIe siècle fut laissée à l'abandon. Traversez la grande place, vous descendez rue des Douves – on devine encore l'ancien tracé de ces fossés qui protégeaient le château. La ville, la campagneVous avancez dans cette étroite rue, des jardins qui ouvrent l'horizon, un lavoir encastré dans la butte de terre qui le domine, le soleil joue sur les façades claires... Une rue qu'on traverse et c'est une place de terre, l'ancien endroit du marché aux bestiaux. Il reste à son extrémité une trace de cette coulée verte d'autrefois que faisait la Brédoire, une mince rivière qu'on franchit sur un petit pont. Enfilade d'herbe et d'eau : on se demande, à voir ce cadre bucolique comme une peinture, comment ces parages bruissaient sans doute de conversations, de rumeurs, au temps des pèlerins. Vous remontez la rue des Portes, parmi la nonchalance blonde des pierres, les linteaux de bois ou les grandes courbes de pierre qui font l'entrée des portails. Et ces grandes portes ouvertes donnent sur des cours en herbe, des bâtiments naguère encore de ferme, et l'on ne sait plus bien si c'est la campagne déjà, ou la ville encore. Vous sentez l'espace qui se découvre, qui s'ouvre, vous avancez dans ce qui est comme une matière urbaine claire, transparente. Et puis la pointe du clocher accroche le regard, et c'est comme un aimant, on presse malgré soi l'allure dans le vif du matin. Ce qui jaillit là, derrière les cyprès, les formes, les lumières, en profusion, fait basculer le corps dans l'intensité de l'émotion pure. Vous marchiez dans l'agréable rue des maisons douces, et c'est l'immense beauté du monde qui vous couvre, décors et figures mêlés, l'exactitude des lignes, l'histoire des hommes racontée dans la pierre. La paix des tombesEntrez dans l'enclos d'herbe, goûtez de loin d'abord ces volumes, ces formes, l'église est belle comme une femme aimée, on n'en épuise jamais ni le visage, ni les mystères. Asseyez-vous sur l'herbe, parmi ces vieilles tombes un peu en vrac, un peu vivantes encore. Goûtez le silence, et le vent qui chante parmi les arbres et les pierres. |
La ville, la campagne, dans une rue d'Aulnay | | |  Anciennes tombes, enclos de l'église, Aulnay |
Prenez le temps de quelques regards, profondément, sur l'alignée des pierres, l'admirable fenêtre de l'abside, les courbes douces des sculptures. Prenez le temps, vous ferez plus tard la visite, l'église vous baignera, vous fera tendresse et parole, comme une source. L'art roman est une fête.
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