|
Page 1 de 2 St-Savinien est comme un corps courbé sur la Charente, un geste de tendresse que les hommes qui ont créé cette ville ont fait à l'eau. Et se promener ici, c'est éprouver à tout instant cette tendresse de l'eau et de l'air qui sent la mer.
Du ras de l'eau à l'horizon Vous êtes sur l'île de la Grenouillette, le paradis des enfants, sur la rive sud du fleuve, devant vous St-Savinien tout étagée sous le soleil, au ras de l'eau vous voyez toutes ces maisons serrées comme des jeunes filles avant la danse. Et le regard file au loin, en ce point de la perspective où les maisons se confondent presque avec les arbres et l'eau... les balades souvent commencent comme un rêve.  La courbe des maisons qui s'offrent au fleuve, St-Savinien sur Charente |
Passez le fleuve, prenez une de ces ruelles abreuvées de soleil qui montent vers le haut de la ville, celle des échelles de pierre. Dans les jardins étagés, au flanc des murs de pierre sèche, les grandes tiges des roses trémières vous font cortège... Vous laissez flotter le regard, vous montez quelques marches encore, voici les toits sous vos yeux et plus loin la boucle de la Charente dans l'air diaphane. D'ici, toutes les maisons s'articulent les unes aux autres, comme dans un tissage des pierres et des couleurs. Vous n'avez que peu monté, mais le regard pourtant porte dans le lointain du fleuve, vers cet océan pressenti et qu'on pense pouvoir deviner, là-bas, au-delà des carrelets et du grand rideau des peupliers. L'église et la rue du PeuEn haut, c'est la placette de l'église, sa façade du XIIIe siècle aligne sur ses modillons une série fascinante de masques humains, de rictus, de monstres. De là, peut-être de la tour du clocher du XVe de style anglais, les moines faisaient le guet et surveillait toute la vallée de Charente. Entrez au frais, des grandes goules romanes vous attendent, et de fines croisées d'ogives, et des statues étranges de personnages bibliques sculptées au XIXe siècle. Parcours des époques et des styles donc, mais dans un très beau dialogue avec l'espace. Tout autour, les étroites ruelles ont gardé le charme ancien des murets de pierre, des grands acacias qui frémissent dans la lumière. Vous descendez à peine, voici la rue du Peu – le Peu dans le parler d'ici désigne un lieu élevé – elle redescend vers la Charente avec nonchalance. Etrange silhouette au détour, ce château de la Cave, construit à même la roche, comme pour faire comprendre que la pierre d'ici, qu'on a extraite depuis des siècles de carrières creusées sous l'élévation de la ville, était à nulle autre pareille : elle durcissait au contact de l'eau de mer et a servi à la construction de toutes les fortifications de la côte saintongeaise. On comprend mieux d'ici les rapports entre les deux niveaux de la ville : les quais à fleur de l'eau et les hauteurs d'où l'on domine le territoire. |  Tour du château de la Cave, rue du Peu, St-Savinien |
Les quais, où l'on imagine les échanges des mariniers d'autrefois chargeant et déchargeant leurs gabares et des marins de haute mer venus jusqu'ici sur leurs goélettes, et ces lieux de pouvoir du haut de la ville, cette église et ce château à deux pas l'un de l'autre. Mémoire de la ville et de la société, la place-forte qui contrôlait l'immense espace de la vallée vers le Sud, et le port fluvial où commerçaient les hommes et qui assuraient la prospérité de la ville.
|